JAKUB PAJEWSKI

La résidence

Site Alstom – Du 09.09 > 26.09.2021

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Jakub PAJEWSKI

Photographe polonais, né en 1962.

« En dansant avec les arbres »

Les arbres restent immobiles, il n’y a que le vent qui puisse décoiffer leurs chevelures et pourtant ces végétaux enracinés ne dansent pas, ils sont figés dans leurs immobilités. C’est nous qui dansons sous leurs protections. La photographie nous met à égalité. Elle fige pour toujours le couple de danseurs comme les arbres qui leur servent de fond. Cette communauté des hommes et des arbres est alors le théâtre du photographe qui imprime ces instants de vie.

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Entre Nancy et la Pologne, chacun de nous sait qu’il existe une relation historique dont la place Stanislas est en quelque sorte un témoin patrimonial emblématique, qui symbolise et incarne, par toutes ses pierres, ses matériaux, le souvenir polonais et l’union entre Nancy, la Lorraine et la France. Toutefois cette alliance n’aurait pu se produire sans Marie Leczinska et Louis XV, lequel, deux années après avoir, en 1723, atteint l’âge de la  majorité, prit la fille du roi Stanislas pour épouse.

Donc c’est pas un hasard si nous avons choisi d’inviter en résidence l’artiste photographe Jakub Pajewski pour la première édition de L’événement photographique.

Il y a aussi une certaine logique à ce que la photographie constitue aujourd’hui une passerelle appropriée entre Nancy et la Pologne, puisque qu’en lien continu avec le temps, ce médium difficilement attribuable intervient sur un mode qui, du fragile, laisse une trace non pas éphémère mais perpétuelle.

Ainsi donc historiquement, politiquement, matériellement une relation ancrée dans l’épaisseur du temps existe entre Nancy et la Pologne et il n’est pas insensé de souhaiter la réactiver par les voies qu’ouvrent l’art et la culture. Certes l’Europe d’aujourd’hui n’est hélas pas celle dont avait rêvé toute une génération romantique passionnée au temps de « l’illusion lyrique » et après le rapprochement entre  l’Ouest et le bloc de l’Est, après un court moment d’euphorie, tout reste à faire pour que s’installe entre des peuples également troublés, espérance et conviction dans un devenir commun.

Au même titre que la littérature ou la poésie, la photographie, lorsque sa seule ambition n’est pas de nous convaincre qu’il faut consommer chaque jour davantage, dispose de moyens et de pouvoirs que l’urgence impose si nous voulons comprendre le monde dans lequel nous vivons. Les œuvres produites par les artistes, le rapport qu’elles entretiennent avec la pensée et la vie répondent, en Pologne comme en France ou ailleurs, aujourd’hui comme hier, à un besoin d’images fixes et animées, sans lesquelles nos corps éphémères échoueraient tragiquement dans leur tentative de donner une forme au temps.

Pour conclure, nous envisageons la photographie comme discipline artistique à part entière et nous intégrons dans notre programmation toutes les formes de création issues de ce médium pour les associer ou les confronter. Cette position est aujourd’hui légitimée par l’évolution des pratiques artistiques qui rendent cette dichotomie, parfois dénuée de sens, de moins en moins possible. Cette position revendiquée nous permet de prendre en compte et d’accompagner la mutation des formes artistiques de ces dernières années, d’en anticiper les formes futures, mais aussi d’explorer les liens entre usages artistiques et usages documentaires de la photographie, entre la photographie et les autres types d’images fixes ou animées. Cette position permet aussi de réintégrer l’histoire de la photographie dans l’histoire de l’art et dans l’histoire de l’humanité.

Donc, en adoptant des postures ouvertes, réactives et mobiles aux formes contemporaines de « l’image humaniste et sociale », nous nous définissons comme une structure où l’on se questionne sur la mémoire d’aujourd’hui, sur l’histoire en marche, tout en prenant en considération l’histoire et la mémoire d’hier. Notre mission est aussi de prendre en compte les différentes approches et hypothèses sur le monde, en restant en prise directe avec la réalité, en gardant comme « fil rouge» différentes postures, comportements, positions de l’expérience humaine. Dans notre relation aux territoires, nous accordons une importance particulière aux artistes qui documentent le Monde.

Dans sa fonction de formation des jeunes publics, nous proposons des programmes d’éducation à l’image, pour les collégiens et lycéens provenant de différents établissements de la région, dont le but est de faire comprendre aux jeunes comment se fabriquent les images et ce qui conditionne notre regard sur elles et ainsi former de jeunes citoyens à regarder autrement.

C’est donc l’invention d’un projet unique, d’un territoire rempli d’images traversées de part et d’autre par des enjeux historiques, sociaux et politiques, d’une intention atypique ménageant des espaces de compréhension, d’apprentissage et de connaissance du réel avec toutes les complexités et les contradictions que cela comporte.

La montée en puissance de ce projet artistique s’effectuera selon l’esprit qui anime ses concepteurs, celui de « chroniqueurs des temps modernes », de passeurs d’images, de défricheurs de talents et de révélateurs de sens, avec des ambitions simples : s’emparer de tous les moyens possibles, grâce aux projets de création, d’expositions, de débats et conférences, d’ateliers et d’éditions… pour faire découvrir au public des œuvres empreintes d’humanité qui nous montrent et nous racontent le monde d’aujourd’hui.

Eric Didym

Informations
Lieu
> Site Alstom – Nancy
Date > Du 09.09 > 26.09.21 / 14h > 18h
Tarif > à venir